A Mareuil-sur-Cher, Loir-et-Cher, la surface de fouille est de 10 175 m2.

Dernière modification
18 mai 2016

Un petit établissement rural du Moyen Âge dans la vallée de la Civière. Le site médiéval de La Jahonnière est localisé sur les flancs du plateau qui surplombe le cours du ruisseau de la Civière. Le site domine la confluence des ruisseaux du Casseux et de la Civière à l'ouest. La pente actuelle de 6 % qui caractérise le secteur n'a pas empêché l'installation des hommes sur d'anciennes terrasses fluviatiles, dès la Préhistoire.


Des traces de fréquentations préhistoriques et protohistoriques

La présence de 111 pièces de silex taillées et de quelques tessons atteste la fréquentation du secteur au cours du Paléolithique et des temps protohistoriques. Cependant, aucune structure archéologique n'a pu être rattachée à ces périodes. La plus grande partie du matériel a été retrouvée lors de la fouille des structures médiévales. La pièce la plus caractéristique est un biface de type cordiforme (Paléolithique inférieur [- 300 000 > - 200 000], Acheuléen ?).

L'enclos médiéval

L'enclos rectangulaire est long de 45 m et large de 29 m. Il est délimité par des fossés interrompus de longueurs variables, orientés parallèlement ou perpendiculairement à la pente. Chaque interruption dans le tracé de l'enclos pourrait correspondre à un accès, et exclut le rôle défensif des fossés. Ceux-ci déterminaient un espace renfermant des constructions et protégeaient ces dernières des eaux de ruissellement. Les deux fossés orientés nord-ouest/sud-est situés à l'intérieur de l'enclos pourraient correspondre à la limite initiale de l'enceinte avant son extension vers l'ouest.

Une organisation remarquable

La présence de creusements espacés les uns des autres par des intervalles réguliers a permis de reconstituer les plans d'au moins deux bâtiments. Ces creusements étaient destinés à recevoir les poteaux qui constituaient l'armature des bâtiments. Les murs de ces constructions étaient constitués de matériaux périssables (clayonnage, torchis, chaume pour le toit...). Le bâtiment 1 mesure 9 m de long pour 3,50 m de large. Il était probablement entouré d'une palissade formant un carré de 12,50 m de côté. Le bâtiment 2, long de 3,60 m et large de 3,10 m, pouvait être une annexe du bâtiment principal. L'existence d'un troisième bâtiment est suspectée au sud-ouest, secteur où le creusement d'une grande fosse moderne a fait disparaître les structures antérieures. Le fait le plus marquant est la parfaite organisation orthogonale de l'ensemble, qui suppose une construction planifiée. Le faible nombre de recoupements entre structures et de remaniements observés permet de conclure que le site n'a été occupé que sur une ou deux générations.

Un mobilier archéologique limité

Parmi les 137 tessons de céramique récoltés, 75 % sont attribuables aux XIIe et XIIIe siècles. L'absence de dépotoir et de niveaux de sol explique la faiblesse numérique du mobilier découvert, la forte pente ayant accentué l'érosion de la zone. Le comblement d'une fosse comportait les rejets charbonneux d'un foyer associé qui n'a pas été retrouvé lors de la fouille. La même fosse a livré une pierre à aiguiser, preuve de l'utilisation sur le site d'outils métalliques tranchants qui n'ont pas été retrouvés.

L'abandon du site

Celui-ci pourrait s'expliquer par un déplacement de l'exploitation agricole vers l'actuelle ferme de La Jahonnière située à 110 m au sud-est, dont un terrain est mentionné à la date de 1486, dans un texte de 1750.