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Baie Rouge
A ST MARTIN, Guadeloupe, ce site précolombien, repéré dans un sondage géotechnique sur le lot 413, a été découvert en 2003 à la faveur de travaux sur la plage de Baie Rouge où quatre parcelles situées en bordure de plage étaient destinées à la construction de maisons privées.
À la suite de cette découverte, un diagnostic archéologique, réalisé en 2003, a révélé la présence d’un gisement précéramique à occupations multiples dénommé Étang Rouge 1. Ce lot, d’environ 1 ha, a été exploré par cinq sondages en tranchées dont quatre, réalisés dans le cordon littoral, ont révélé différents vestiges d’occupation, des foyers, des amas coquilliers, des aires de cuisson et de consommation de coquillages, une industrie lithique et sur coquille.
Un niveau intermédiaire de la séquence stratigraphique a alors fourni une datation radiocarbone de 3490±40 BP (Beta 190805) soit en années calibrées 1910 à 1700 av. J.-C. Cette première exploration a révélé l’intérêt du gisement pour la période archaïque dans les Petites Antilles et son potentiel pour une étude spatiale et chronologique. Il s’agit en effet du premier site précéramique stratifié reconnu dans l’archipel. Devant l’importance du gisement pour cette période, une opération de fouille a été réalisée en 2004 sur une surface de plus de 500 m2.
Les investigations ont permis d’esquisser un schéma de l’occupation précéramique qui consiste en une succession d’aires de campements réparties sur l’arrière du cordon littoral. Ce cordon est constitué d’une accumulation de niveaux de sables d’apport marin et éolien qui forment un bourrelet de 6 m d’altitude parallèle au rivage. Les vestiges s’étendent le long du flanc sud du cordon en suivant un pendage d’environ 8 % vers l’étang situé en arrière. La séquence est marquée par au moins trois phases de pédogenèse, la dernière correspondant au sol actuel, les deux autres à des paléosols enfouis. La stratigraphie est rythmée par les vestiges d’occupation répartis verticalement tout le long de la séquence. Leur superficie et leur densité sont très variables ainsi que leur état de conservation. Les niveaux archéologiques sont généralement peu épais et correspondent à des occupations probablement très ponctuelles qui se sont répétées dans le temps. Il s’agit essentiellement de restes coquilliers répartis en amas et interprétés comme des vestiges de consommation alimentaire. Plusieurs espèces marines ont été exploitées, principalement les bivalves Arca zebra et Codakia orbicularis mais aussi le gros gastéropode Strombus gigas consommé et utilisé pour son épaisse coquille dont la lèvre a servi à la fabrication de haches. Des restes de crustacés sont également à noter, crabe et langouste. Des structures de combustion sont associées aux restes de consommation. Une industrie lithique très sommaire, marquée par le rareté des outils, est caractéristique de cette période. Elle a produit pour l’essentiel des éclats de silex, dont l’origine est exogène à l’île et des éclats de roches volcaniques. Sa fonction est encore difficile à interpréter dans ce contexte insulaire et tropical en l’absence de référentiel. La chronologie de ces occupations sera détaillée avec les résultats des datations radiométriques.